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 8 février 1807

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MessageSujet: 8 février 1807   Dim 8 Fév - 10:43

8 février 1807, bataille d'EYLAU
Le 8 février 1807, à EYLAU, NAPOLEON 1e affronte les russes dans la bataille la plus sanglante et la plus indécise de son épopée.
Après la mise hors jeu des Autrichiens à AUSTERLITZ et des Prussiens à IENA, il ne restait que les Russes pou s'opposer à l'empereur sur le continent.
La Grande Armée, après une entrée triomphale à BERLIN puis à VARSOVIE, se met à leur poursuite dans les plaines gelées de la Prusse Orientale.
Le harcélement de l'ennemi s'ajoute à la morsure du froid et des difficultés de ravitaillement.
Enfin, au pied du village d'EYLAU, les 60 000 Russes du général BENNIGSEN se présentent en ordres de bataille. Napoléon engage le combat dès le matin avec 40 000 soldats. Ney et ses hommes doivent le rejoindre incessamment.
Les troupes de Davout et Augereau se jettent sur l'ennemi et tous se passe pour le mieux jusqu'au moment où survient une violente tempête de neige. Les français sont dérorientés.
Quand arrive l'éclaircie, les Russe découvrent une béche dans le dispositif français. Ils se ruent jusqu'a la butte d'Eylau, près du cimetière et de l'église où se tient l'Empereur.
Ce dernier n'est sauvé que par la folle charge de MURAT. On s'étripe jusque dans le cimetière. L'arrivée de NEY, à la fin de la journée, évite une déconfiture à la Grande Armée.
Les Russes s'attribuent la victoire même si les Français restent maitres du terrain.
Bilan 40 000 morts ou blessés.
L'Empereur, sincérement ému, mesure pour la première fois le coût de la guerre. Epuisé tout autant que ses troupes, il prend ses quartiers d'hiver sur place et attend le printemps pour repartir en campagne.
Il remportera alors sur les Russes, à Fiedland, la victoire incontestable dont il avait besoin pour briser la 4e coalition.
(Divers sources)

LA BATAILLE D’EYLAU
RACONTEE PAR UN OFFICIER DU GENIE
présenté par Christophe Bourachot


e 8 février marque l’anniversaire de cette célèbre bataille. Loin de vouloir raconter une fois de plus cette dernière, nous avons préféré donner la parole à un témoin qui y participa. Ainsi, Paulin, issu du génie, servit comme officier d’ordonnance du Maréchal Augereau et comme aide de camp du Général Bertrand. A Eylau, il fait partie du 7° corps de la Grande-Armée commandé par Augereau. Mais laissons-le parler :

«C’était le 8 février [1807]; nous venions de joindre enfin l’ennemi .Sa position était choisie et occupée avant que nos colonnes en marche aient pu prendre leur rang de bataille. Aussitôt que le petit jour le permit, le 7° corps exécutait son mouvement de concentration sur Eylau. Les trois divisions d’infanterie qui le composaient étaient bonnes, fraîches, bien commandées ; la cavalerie était aux ordres du général Beaumont ; Sénarmont commandait l’artillerie.
Nous étions tout près d’Eylau, sans cependant l’apercevoir à notre gauche, tant l’atmosphère était brumeuse, quand le général Bertrand, de toute la vitesse de son cheval, accourut auprès du maréchal Augereau, avec l’ordre, de la part de l’empereur, de porter le 7° corps en avant et d’attaquer à l’instant même l’ennemi qui lui fait face.
A ce moment, nous ne pouvons rien distinguer ; la neige, à gros flocons, poussée par un violent vent du nord, nous aveuglait en nous frappant au visage. Nous allons nous ébranler, attaquer… Mais, au contraire, c’est nous qui sommes attaqués avec fureur, par un ennemi qui nous voit et que nous ne pouvons apercevoir. Nos divisions en colonne n’ont pas le temps de se déployer…Une épouvantable canonnade bouleverse nos masses, et dans le trouble qu’elle cause, les Cosaques poussent une vigoureuse charge en tête et en queue.
Le général de division Desjardins, à pied, est atteint d’une balle à la tête ; en tournoyant, il balbutie un commandement et tombe raide mort ; le général de division Heudelet reçoit un biscaïen dans le ventre ; le colonel Maccheï, Irlandais, sous-chef d’état-major, tenait à deux mains les rênes de son cheval ; le même boulet lui enlève les deux poignets. Tout est désordre, confusion, stupeur, sous l’avalanche des coups qui redoublent…
On est obligé de mettre un peu d’espace entre soi et un ennemi dont le feu vous écrase et qu’il est impossible de voir ; on commence un mouvement rétrograde qui achève de tout perdre. Les boulets russes s’enfoncent dans toute la profondeur de nos colonnes en retraite et achèvent d’y porter un désordre inouï.
Dans cet instant, je me trouvais placé à côté du maréchal [Augereau], à sa droite ; grave, il ne proférait pas une parole. Moins aguerri que lui, je me sentais frissonner, lorsqu’un boulet, avec ce bruit flasque du fer qui s’enfonce dans une masse peu résistante, traversa, par le dos, le corps du capitaine du génie Fossarde, qui était botte à botte avec moi. D’instinct je tournai la tête vers le maréchal comme pour me dire de maîtriser mon émotion dans une situation qui exigeait tant de sang-froid. C’était toujours la sévère figure des campagnes d’Italie, cette haute stature, ce coup d’œil incisif et ce nez de grand oiseau de proie ; c’était toujours cette tête, aux traits si fortement caractérisés, qu’enveloppait, un grand mouchoir blanc, duquel, sur chaque tempe, s’échappaient les boucles d’une chevelure en désordre, dépoudrée, ondulant au vent. Il portait son chapeau à plumes blanches, la corne en avant, de travers sur le côté droit ; le pantalon blanc, les bottes à retroussis jaunes, d’où pendaient deux grands tirants , selon la mode du temps.
A peine eut-il réprimé par ce regard expressif l’impression qu’il avait vue se manifester sur mes traits, que lui-même il est heurté, entraîné, renversé par une multitude effarée. Il tombe tout d’un coup, dans cette mêlée, avec son cheval, complètement engagé sous sa monture. Ce n’est qu’avec les efforts réunis de tous ceux qui l’entouraient qu’on parvient à le relever. Le maréchal chancelle, sous l’étreinte de la douleur ; mais, heureusement, cette douleur n’est que le résultat de sa chute ; il a reçu, à la hanche gauche, une très forte contusion, causée par la coquille de son épée prise entre le sol et lui, pendant qu’il était sous son cheval.
Tout à coup, et sans que je puisse me rendre compte comment, je me trouve séparé du maréchal, dont je soutenais le bras, et me trouve au milieu d’une charge de Cosaques poussée plus à fond que la première. Je le perds de vue et ne reconnais plus un seul camarade sur ce champ de carnage où tout, autour de moi, semble avoir cessé de vivre.
Marcelin Marbot, qui quelques instants auparavant avait mis le sabre à la main, le fixant au poignet avec son mouchoir de poche tressé, avait disparu. Je restai seul de l’état-major du 7°corps dont les lambeaux couraient éparpillés.
La mort et le désordre surtout avaient soufflé dessus, comme le vent soufflait sur la neige qu’il chassait devant lui. Dire ce qu’en vingt minutes, à peu près, étaient devenues trois belles division d’infanterie et une bonne cavalerie, est une chose impossible, et la pensée se révolte à ce souvenir, car jamais l’histoire des guerres n’a présenté d’exemple d’une dislocation aussi instantanée. Tout avait disparu, comme anéanti ! Mais grâce à l’atmosphère obscurcie par la neige, les Russes n’osèrent pas poursuivre le 7° corps, qui, bien que n’existant plus sur le champ de bataille, n’en était pas détruit pour cela.
On apercevait encore, de distance en distance, sur les petits monticules dont était parsemé le terrain, des groupes de fantassins pelotonnés pour résister aux attaques des Cosaques qui fouillaient la plaine. Ces groupes étaient les débris d’un beau régiment dont j’ai le regret d’avoir oublié le numéro. Ils voulaient tenir bon, se cramponnaient au terrain, ne cédaient pas. Je vois encore un de ces hommes, petit, nerveux, sec comme une allumette, avec des jambes de cerf serrées dans des guêtres noires à boutons plats en cuivre jaune, montant jusqu’aux jarrets, me criant, dans son exaltation : « capitaine, ils n’iront pas plus loin ! Ils n’iront pas plus loin, capitaine ! » et, du bout de son briquet, il traçait une barre sur la neige. Vaine démonstration ; les Russes, il est vrai, n’allaient pas plus loin ; voyant le peu d’importance de ces groupes, il les abandonnaient pour se jeter au fort de la bataille, pour prendre part à l’attaque principale contre l’Empereur.
Que devenir ?… Je ne savais plus où était le maréchal ; j’ignorais où était son état-major. Il ne pouvait me venir à la pensée de reculer pour aller à leur recherche. J’étais bien monté ; je marchai au canon qui tonnait du côté d’Eylau… »



<table cellSpacing=2 cellPadding=0 width=1 border=1><tr><td align=middle width=334 height=220> </TD></TR></TABLE>
Eylau
par Gros



Depuis Eylau, l'Empereur adressera une lettre à l'Impératrice Joséphine:


<table cellSpacing=0 cellPadding=0 width=550 border=0><tr><td width=2 bgColor=#9f0000 height=2></TD>
<td align=middle width=546 bgColor=#9f0000 height=2></TD>
<td width=2 bgColor=#9f0000 height=2></TD></TR>
<tr><td align=middle width=2 bgColor=#9f0000></TD>
<td align=middle width=546 bgColor=#eaeaff><table cellSpacing=0 cellPadding=0 width=536 border=0><tr><td>
Eylau, le 14 février

Mon amie, je suis toujours à Eylau. Ce pays est couvert de morts et de blessés. Ce n'est pas la plus belle partie de la guerre ; l'on souffre, et l'âme est oppressée de voir tant de victimes. Je me porte bien. J'ai fait ce que je voulais, et j'ai repoussé l'ennemi, en faisant échouer ses projets. Tu dois être inquiète, et cette pensée m'afflige. Toutefois, tranquillise-toi, mon amie, et sois gaie.


Tout à toi.
.</TD></TR></TABLE></TD></TR></TABLE>
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8 février 1807
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